Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 17:30

 

Eh oui, je constate chers amis que j'ai été très très selfie en partage de lectures ces derniers temps, alors que, pourtant, je n'ai jamais cessé un seul jour d'ouvrir un livre et de poursuivre entre les pages ma quête effrénée de sensations, émotions nouvelles, autres lieux, autres époques, étude de moeurs et analyse psycho-sociologique... !

Je ne saurais passer une journée, une soirée, sans un livre à mes côtés, déjà entamé ou en cours de lecture; à peine refermé et terminé, un autre petit nouveau lui succède, sans interruption, ce qui d'ailleurs donne parfois des reprises de souffle et de ton périlleux, selon les styles qui s'enchaînent.

Mais venons-en au fait: "des noms" me réclamez-vous !

Des noms ? Non, pas de gavage en ces périodes post-fêtes propices à la diète, de qualité... mais voici une pépite choisie pour vous permettre de débuter l'année nouvelle avec une incroyable escapade:


Best-Of number one de mes lectures depuis longtemps, toute catégorie...

Jeannette Walls, The Glass Castle (Le Château de Verre)

Un roman rare et puissant, comme on aimerait en trouver plus souvent, qui vous arrache de votre quotidien et vous propulse de la première à la dernière page à côté de cette enfant déroulant son enfance hors normes, bohème, cabossée, solitaire, chahutée, vagabonde et fraternelle. On aimerait lui tenir la main, lui tendre la moitié de notre goûter, la serrer fort dans nos bras ou lui faire couler un bain moussant et chaud; le roman démarre avec Jeannette, petite fille de trois ans, qui se prépare ses hot-dogs debout  sur un tabouret branlant au dessus d'une marmite bouillante, dans la caravane de ses parents. Mais c'est parfaitement normal, non ?

Jeannette signe son premier roman autobiographique, d'une sincérité crue qui frise le supportable. Issue d'un famille heureuse, intelligente et aisée, elle va pourtant avec son petit frère et sa petite soeur faire l'apprentissage d'une vie hors conventions, en rupture totale avec les standards que nous connaissons et en frange de la société américaine des années 70.

En effet, ses merveilleux parents, deux marginaux éclairés et amoureux, et tout dénués d'affection ou de prévenance soient-ils envers leur chère progéniture, ont choisi d'éduquer leurs enfants eux-mêmes et selon un idéal fantasmé, au plus proche de la nature et de ses bienfaits, en se détachant de toutes contraintes liées à la société de consommation. Un plan hippie parfaitement évident pur et cristallin une fois énoncé, mais qui implique un certain nombre de conséquences plus terre-à-terre... Un plan choisi par les parents et imposé aux trois enfants, qui eux auraient pourtant d'autres rêves de stabilité, de repères rassurants, de rythme scolaire ou de gestes tendres.

Pas de travail fixe, ni de logement pérenne, la débrouillardise à tous les niveaux et refuser l'aide de quiconque, un confort qui frise la clochardise, l'inconséquence et l'irresponsabilité, la paranoïa nourrissant la fuite, la faim et le froid pour compagnons de route, aucun ami, aucune entrave, aucune obligation... Une liberté joyeuse et débridée bien chère payée cependant, puisque cette vie d'errance, de renoncements et d'apprentissage permanent tient parfois plus de la survie que du rêve.

Des éclats de joie intacte brillent dans le récit factuel et détaché de la jeune femme qui revient sur toutes ses années; ainsi Jeannette racontera par exemple que son père adoré lui aura offert une étoile du ciel en cadeau de Noël, une année où la famille était particulièrement démunie.

Ce family road-trip à la candeur acide ne cessera de vous hanter, ça je m'y engage...

et, bonus, les droits d'adaptation cinématographique viennent d'être signés. Hâte de voir, ou pas, le rendu sur écran...

 

Et, allez, puisque vous m'êtes bien sympatiques, je finirai en vous laissant écouter ce concentré de bonne humeur concocté par la volcanique HollySiz, alias Cécile Cassel: dans une ancienne vie d'actrice...

 

http://www.youtube.com/watch?v=5xerDmSwiNo

 

Au plaisir de vous lire,

 

Claire

 

 

   
http://www.thebookedition.com/livres-claire-fessart-auteur-404.html


Acheter Chacun son Truc Acheter Le Royaume des AbeillesAcheter L\'Enfant de Sable

 

Repost 0
24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 21:27

 

 

Image du Blog leseigneurdesnano.centerblog.net

Galaxie

 

Tout mon univers,

tient entre les deux parenthèses de ton sourire clair

Qui sans ambiguïté mathématique abrite tous tes mots d’amour

L’immensité de mon monde,

comme une bille chauffée au creux de ta paume

Voyageant à l’abri de ta poche, en passager clandestin tout le temps caressé

Mon éclat, mon orbite, mon cycle ou mon aspiration

Tend vers la ligne entre nos deux cœurs perdus

Pointillés scintillants comme des traces de baisers ou des clins d’œil joyeux

Tout mon ciel,

Se résume à tes bras tendus qui se referment autour de mon corps

En un infini de possibles.

 

Toute la lumière,

au bord de tes paupières qui m’ouvrent le jour

Toute la tendresse,

au bout de tes doigts qui me tracent et me désignent

Toute la parole,

entre la musique de ta voix qui monte et redescend

Toute la force,

sur ton dos qui se penche et m’emporte

Toute la douceur,

contre ton cou qui sent le savon et colle à ma joue

Toute l’aventure,

derrière ton pas qui scande la route et sculpte mon chemin

Tout le temps,

au rythme de ton pouls qui compte et palpite sous mon pouce.

 

(Inédit)

CF

24/10/13

 

 

       

http://www.thebookedition.com/advanced_search_result.php?keywords=claire+fessart

Acheter Chacun son Truc Acheter Le Royaume des AbeillesAcheter L\'Enfant de Sable

 

Repost 0
10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 11:03

 

Chers amis,

 

L'été a été chaud, voire torride, ensoleillé à la limite de l'insolation, bref, tout ce que j'aime...

Pour accompagner ces semaines de farniente, voici mon TOP3, qui a fini par faire hurler mes enfants tellement ils les ont entendues durant ce happy summertime !

Trois musiques à écouter en boucle et en voix-off, omniprésentes, histoire de garder la pêche, la forme et le plaisir.

Venez danser avec moi, tous en piste, et jusqu'au bout de la nuit: en maillots de bain mouillés, pieds nus sur le sable éclairés par la lune et les étoiles filantes, ou en tenue à paillettes dans les stroboscopes de votre boîte branchée, ou détendus, avec encore du sel sur les lèvres, les cheveux hirsutes et de la crème solaire sur les jambes, affalés dans les canapés défoncés mais ô combien confortables de votre maison de vacances...

Pour commencer, Get Lucky, évidemment, pour se mettre dans l'ambiance, car être en vacances c'est définitivement une chance et un grand bonheur. Chance de se réunir autour de sa famille, chance de retrouver ses amis préférés, chance de croquer dans un abricot juteux, boire un verre bien frais, décortiquer des crustacés au bord de l'eau, rêvasser, bouquiner peinard et danser.  

http://www.youtube.com/watch?v=5NV6Rdv1a3I

 

 

Poursuivons avec Blurred Lines, parce que c'est drôle, complètement décalé, que les voix m'amusent, que le rythme est totalement addictif, que la video est sexy et ne se prend pas au sérieux; parce que l'été se joue aussi au second degré, côté fun. Etirez les lèvres, entrouvrez la bouche, souriez, vous y êtes, et là, voilà, maintenant, éclatez franchement de rire ! C'est bon, non ? Quelques minutes de vie de gagnées et une journée qui commence bien.. même avant le café ! 

Les vacances côté jeux, fous rires au petit déjeûner, blagues et concours de photos à grimaces, courses à vélo et feux d'artifice. On ne se prend pas au sérieux, on relâche la pression, et on se marre...!

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=RA01pdI0jng

 

 

 

Et enfin Treasure, pour une love déclaration retro-funky à la Mickaël et tendre à la Bruno. Déhanchez-vous, passez la main dans ses cheveux, tournez, faites un clin d'oeil, prenez-vous par la main, envoyez-lui un baiser du bout des doigts, chantez à tue-tête les yeux dans les yeux, enlacez-vous et fermez la porte aux voisins.

L'été, on est bien sûr tous bien plus séduisant, c'est connu, n'est-ce-pas ?...Sous le soleil, les phéromones s'emballent: la peau est dorée, douce et veloutée, les traits sont détendus, on a enfin du temps pour soi et pour l'autre. La fatigue cède le pas, le compte de sommeil remonte et le temps passé au lit grimpe proportionnellement.  Parce qu'à deux, les vacances, c'est au moins deux fois mieux non ?

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=nPvuNsRccVw

 

Trois petites chansons qui rentrent dans la tête et grésillent joyeusement, comme le ressac hypnotisant des vagues, l'appel à jouer des enfants, la camionnette du marchand de glaces ou le son des cigales.

 

Bonne rentrée à vous, et n'oubliez pas de venir me raconter vos impressions estivales et musicales !

 

Claire,

  (reposée, rechargée à bloc, bronzée, en direct de Dublin et évidemment prête pour un été indien ;-)...)  

http://www.thebookedition.com/advanced_search_result.php?keywords=claire+fessart

Acheter Chacun son Truc Acheter Le Royaume des AbeillesAcheter L\'Enfant de Sable
  

Repost 0
15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 23:29

 

Pour Eux trois

 

 

Au clair de lune

Au pied du mur  

Autour du feu  

Autour du cou  

J’aime  

Entendre mon fils qui chante dans sa chambre

Seul, fier, détendu, solaire

Son casque rivé aux oreilles

Un sourire aux lèvres

Assis au milieu de sa foire habituelle

J’aime

Regarder ma fille qui lit sur le canapé

Son petit nez plissé,  concentrée

Le corps allongé avec nonchalance

Ses bottes balancées en tas à ses pieds

La douceur de son visage pur

J’aime

Savoir mon fils heureux, entouré, aimé

L’entendre parler fort au téléphone

A ses amis, à sa vie de plus grand

A sa vie sans moi, mais jamais loin quand même

Les étincelles qui me réchauffent dans ses yeux

J’aime

Ces trois petits êtres de chair et de cœur

Ces trois petits corps sortis du mien un jour béni

Je les couve, je les touche, je les caresse sans cesse

Je les écoute, je les console, je les rassure

Je les enlace, je les embrasse, je les laisse aller…

Au vent léger

Au gré des ans

Au fil des jours

Au bout du chemin

Au bord de ma peau

J’aime

Sans effort, sans arrêt, sans remords ni regret

Ce qu’ils deviennent et ce qu’ils sont

Ce qu’ils promettent et ce qu’ils font

Ce qu’ils espèrent, ce qu’ils feront

J’aime

Et ça n’a pas de forme

Autre que mes mains sur leurs fronts

Et ça n’a pas de goût

Autre que celui de mes baisers sur leurs joues

Et ça ne fait pas plus de bruit

Que le soupir de les savoir là.

 

CF

6/2/13/ (Inédit)

 

http://www.thebookedition.com/advanced_search_result.php?keywords=claire+fessart

Acheter Chacun son Truc Acheter Le Royaume des AbeillesAcheter L\'Enfant de Sable
  

Repost 0
11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 19:46

   

 

Chers amis,

 

Parce qu'il faut bien qu'on se le dise, ce petit livre culte, lu d'une traite et sans respirer, est littéralement bouleversant; dans la foulée j'ai savouré sa délicate adaptation cinématographique.

Bon, d'accord, le livre partiellement autobiographique de Bernhard Schlink est sorti depuis plusieurs années, et a fait un véritable raz-de-marée en 1995 en Allemagne, mais je vous l'ai déjà dit, rien ne m'ennuie plus que de faire des choses "à la mode", en même temps que tout le monde, apprendre à cuisiner des cupcakes multicolores, lire 50 shades of grey, (re)porter des pantalons à carreaux et des pulls jacquards, ou aller voir Skyfall...  

J'attends que le buzz se tasse, que l'excitation retombe, que l'oubli ensevelisse l'évènement, que l'actu parle du prochain tweet passionnant, et là, paf, je reviens, tel un lézard endormi d'un oeil. C'est ainsi que j'ai découvert le micro-ondes, Millenium, Gossip, les macarons, la zumba, le téléphone portable, le lait de coco, les éditions Actes Sud et le répondeur ...

 

 

 

Mais là je sens que je m'égare... Revenons à notre histoire.

On est en Allemagne, au début des années soixante, et un jeune adolescent tombe pour la première fois éperdument amoureux d'une femme de vingt ans son aînée. Les amants partagent six mois de parenthèse enchantée et secrète, au cours de laquelle ils instaurent leur rituel érotique, d'abord se déshabiller et se laver mutuellement, puis Mickaël fait à Hannah la lecture de ses romans préférés, avant qu'ils ne fassent l'amour. Le narrateur décrit l'évolution de ses sentiments et la façon dont il se sent pris sous la coupe de cette belle femme énigmatique qui ne s'épanche jamais, vit seule, et fait de lui un jouet consentant et manipulé, prêt à tout pour lui plaire et ne pas la perdre. Mais un jour Hannah disparaît sans un mot, et Mickaël, abandonné et trahi ne comprend pas.

 

 

Sept années plus tard, étudiant en droit, il participe à un séminaire et assiste au procès de cinq criminelles nazies, gardiennes dans les camps. Là, il reconnaît avec stupeur sa douce Hannah sur le banc des accusées. Terrifié, honteux, accablé, heureux, perplexe, fébrile, Mickaël, qui n'a toujours pas réussi à surmonter l'influence et la peine que cette femme lui a causé, ne sait plus qui il a aimé ou aime encore... Il chavire dans la honte d'avoir été l'amant innocent mais perverti d'une meurtrière et donc de participer à l'horreur de ce que cette femme a commis, et l'envie de comprendre à défaut de pardonner, ce que la génération de sa maîtresse, celle de ses chers parents tout autant, a laissé faire.

 

Entre haine, mépris, douleur, amour, incompréhension et lâcheté, Mickaël, vit un tumulte intérieur, celui, immense et inconsolable de la jeune et première génération allemande post-nazie. Au cours du procès, Hannah se défend mal, se laisse accabler, et Mickaël finit par comprendre le secret enfoui d'Hannah, celui qui la condamne autant qu'il la disculperait si elle l'avouait: elle est analphabète et aime se faire faire la lecture; que ce soit par les jeunes prisonnières du camp qu'elle envoie ensuite à la mort, que plus tard par le tendre collégien qu'elle accueille chez elle... Hannah s'est engagée comme gardienne pour ne pas avouer à son ancien employeur sa tare, Hannah a quitté la ville précipitamment il y a sept ans car son supérieur voulait la promouvoir à un poste de bureau, et non pour abandonner Mickaël, auquel elle ne pouvait pas écrire ensuite, Hannah n'a pas pu écrire le rapport nazi qui est la pièce maîtresse et accablante du procès. Elle ne l'avoue pas: Mickaël, déchiré, s'ouvre à son père, le silencieux prof de philo qu'il respecte et, au supplice, lui laisse son choix et sa dignité, Hannah est la seule condamnée à la prison à perpétuité...

Mickaël ne va pas lui rendre visite, c'est au-dessus de ses forces, il lui en veut encore et elle ne lui témoigne aucune tendresse le sachant dans la salle, il attend un signe d'elle qui ne peut venir, ne fait pas un pas, ou plutôt s'éloigne, et l'abandonne à sa cellule choisie. Il assimile ce refus d'avouer à une nouvelle fuite d'Hannah à son égard. Le jeune homme se marie, a une petite fille, n'est pas heureux, les années passent, il divorce, est toujours hanté par cette femme. En rangeant ses livres, Mickaël retombe sur ses lectures adolescentes et a l'idée d'enregistrer à Hannah sur cassettes les romans qu'il lui a lus, puis ceux qu'il aime, et ceux qu'il écrit. Comme un fil qui le relierait à elle sans l'impliquer intimement. S'instaure un envoi mensuel de colis à la prison, auquel il n'adjoint aucune lettre, et qui dure plus de dix ans, jusqu' à ce qu'il reçoive des petits mots maladroits d'Hannah. Bouleversé, il comprend que pour lui elle a appris à lire et à écrire, et en est profondément touché. La correspondance singulière se poursuit entre eux, mais il ne lui écrit jamais. Alors qu'elle bénéficie d'une réduction de peine, et va sortir de prison, Mickaël découvre pour la première fois après plus de vingt ans une vieille femme mal soignée et en est dégoûté. Hannah se suicide à la veille de sa sortie, dans sa cellule.

 

Voilà pour le livre, dans les grandes lignes...  

 

Le film lui, n'est sorti qu'en 2008, au terme de longues années de réécriture, embûches et opiniâtreté; superbe co-production américano-allemande, il explore et met en scène une autre dimension, un tout autre angle: celui d'Hannah, occulté dans le livre. Nous voyons la lumineuse Kate Winslet tour à tour attendrie et apeurée, combative et déprimée, orgueilleuse et pleine de grâce, digne et fragile. Nous comprenons ses espoirs et ses attentes déçues, sa rage de vivre et de surmonter enfin sa honte. Hannah est fière dans sa bêtise et préfère la prison à l'aveu de sa faiblesse. Elle a vécu traquée, et l'amour et le soutien de Mickäel, magistral Ralph Fiennes à l'âge adulte, représentait son seul espoir de salut; sa lâcheté d'homme déçu l'a achevée. En mourant, elle a libéré les sentiments refoulés de Mickaël, ne laissant à nu que la honte de sa conduite, mais lui permettant, peut-être, enfin, de s'affranchir des chaînes secrètes et destructrices de leur longue passion. Mickaël n'a en effet pas réussi à prendre la dimension de cette femme, à ressentir une quelconque empathie, il a grandi replié sur sa déception amoureuse adolescente qui l'a détruit à petit feu et l'a empêché de savoir aimer et d'être un homme épanoui.

 

 

Mentionnons la note d'espoir du film, qui réside dans le rapprochement final de Mickaël et de sa fille, qu'il se sent enfin capable d'accueillir complètement et à qui il va ouvrir son coeur, puisque sa culpabilité s'est dénouée grâce au deuil.

 

Ainsi, et c'est si rare que cela mérite d'être souligné, livre et film, les deux se complètent harmonieusement et se rééquilibrent intelligemment.

Malgré les petits arrangements de scénario, qui ne sont pas fidèles au livre et m'ont perturbée, je pense avec un peu de recul qu'il est judicieux d'avoir ce double éclairage sur une réalité aussi cruelle que romantique, et qui continue de tarauder tous les allemands nés dans les années quarante, et plus largement si l'on dépasse Hitler, tous ceux ayant connu une situation similaire. Au-delà du fait qu'il est effarant d'accepter la prison pour préserver son secret honteux de femme analphabète, au-delà de l'histoire d'amour aussi tragique qu'amorale, sur fond d'histoire allemande d'après-guerre, le livre et son film se dressent et nous posent de nombreuses questions dérangeantes...

Comment vivre avec ce poids mortifère sur la conscience, a-t-on le droit d'aimer ceux qui sont responsables d'atrocités, peut-on tout pardonner au nom de l'amour, et peut-on comprendre l'innommable, comprendre est-ce pour autant accepter, comment amour et culpabilité se donnent-ils la main sur fond d'éthique socio-politique ?

 

A bientôt pour vos commentaires avisés,

 

Claire

 

http://www.thebookedition.com/advanced_search_result.php?keywords=claire+fessart

Acheter Chacun son Truc Acheter Le Royaume des AbeillesAcheter L\'Enfant de Sable

 

 

 

Repost 0
4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 23:14

 

 

    Ah ! Les amis,

 je viens de terminer un fabuleux roman, que je vous conseille fortement... Il s'appelle "la Musique du père" et est écrit par l'auteur et poète irlandais prolifique Dermot Bolger, que je découvre avec les frémissements renouvelés et le ravissement ébahi des mots pensés, écrits, puis traduits patiemment pour arriver jusqu'à ma langue, comme les galets roulés par la vague et déposés polis sur la grève.

   

 

 

L'histoire ? Une quête d'identité, d'amour, de vérité et de reconnaissance, portée par Tracey, jeune fille anglaise, paumée, esseulée, pétrie de désenchantements et couturée de secrets trop lourds pour ses jeunes épaules. Terriblement attachante, intelligente et intuitive, Tracey est cette nageuse en apnée, yeux ouverts, qui touche le fond et se demande ce qui pourrait lui donner envie de remonter boire sa goulée d'air.

Elle traîne la honte et la folie dépressive de sa mère, l'espoir déçu de son intransigeante grand-mère, le silence étouffant des siens et l'abandon de son père, qui se heurtent à la violence et l'appétit frénétique de ses vingt ans. Son quotidien n'est qu'errance, questionnements, auto-protection et destruction. Elle vit au rythme de la nuit, s'étourdit de sorties pour éviter ses démons intérieurs qui surgissent en cauchemars et en flashbacks. 

Sa mère vient de mourir lorsqu'elle rencontre Luke, un homme ombrageux et séducteur; sa vie prend alors un tour incontrôlable et vertigineux qui la dépasse et l'attire.

Tracey entretient avec son amant irlandais qui a le double de son âge une relation adultère, sensuelle et sauvage qui l'emmène vers des contrées aussi brumeuses que les falaises de Dublin et aussi dangereuses que les guerres de clans. Loin d'exorciser son passé douloureux, cette relation passionnelle, dont elle accepte d'être le jouet autant sexuel que manipulé, fait remonter à la surface ses terreurs enfantines.

Dans un monde où règne le crime organisé, la corruption, le mensonge et la vengeance, Tracey et Luke se cherchent et se poursuivent des ruelles clignotantes de Londres aux villages perdus du Donegal, et leurs périples sont accompagnés des chants sean-nos plein de douceur et de fantaisie et des violons lancinants perçant les pubs.

 

Toute une tribu irlandaise se profile derrière Luke, l'exilé anglais qui a réussi loin des siens, et la galerie de ces personnages dessine une ribambelle de regards, de tignasses et de caractères trempés, pétrie de fierté et d'honneur familial.  

Battant la lande, bravant l'inconnu et le chaos meurtrier qui enfle autour d'elle, Tracey s'aiguillonne d'un fol espoir qui lui redonne chair et raison: retrouver la trace de son père, ce vieux musicien vagabond errant qui a jadis séduit sa toute jeune mère avant de l'abandonner pour retourner à ses chemins de terre et à sa musique gaélique familière. Pourtant haï, jamais compris, pensé mort depuis longtemps, cet homme sans visage, dont elle n'a pas de souvenir hors les malveillances de ses grands-parents et la tristesse d'amoureuse déçue de sa mère, Tracey va pour se retrouver, aller se perdre dans ses traces. Le salut de l'enfant lui viendra-t-il de la musique de son père ?

Dermot Bolger a cette écriture sêche et puissante de la tragédie humaine; il nous emmène d'une poigne ferme, dans une descente aux enfers autant que dans le lyrisme de son pays, au travers de ce récit envoûtant, qui nous tient en haleine, par le fil tendu de son archet. Si j'ai été séduite par cet écrivain que je n'avais jamais lu auparavant, je suis d'autant plus heureuse d'avoir appris que cet homme était également fort apprécié pour sa poésie, même si ce roman me touche essentiellement par la sensibilité du portrait de l'héroïne. 

 

Avant de vous quitter, et comme Dermot Holger le précise dans sa préface dédicacée, je ne résiste pas moi non plus du coup à la tentation de vous faire écouter un fameux chant sean-nos ("vieux style" en gaélique, soit, chant traditionnel irlandais). Soit partagés a capella soit chantés accompagnés de danse et de musique (violons, accordéons, flûte), ils sont très exceptionnellement enregistrés, mais plutôt transmis par l'oralité, et de maître à élève...

Le mieux étant certainement de les entendre en live, dans le pub poussiéreux et reculé d'une toute petite bourgade endormie au creux d'un vallon de tourbe...

un masculin: http://www.youtube.com/watch?v=oGelrimeD7c

 

un féminin: http://www.youtube.com/watch?v=JE6QDQdwo9E



Au plaisir de vous lire, bien sûr...

 

Claire

http://www.thebookedition.com/advanced_search_result.php?keywords=claire+fessart

Acheter Chacun son Truc Acheter Le Royaume des AbeillesAcheter L\'Enfant de Sable

Repost 0
2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 20:27
 
Mot-Valise

Récemment, j’ai découvert un fait étrange et sibyllin, j’aime, de toute éternité, les malles.
J’aime toucher leurs formes, imaginer leur poids, et respecter leur fonction. Ce qui est contenu ne se répand plus. Ce qui est rangé ...
n’est jamais perdu, ni oublié. Ce qui est enfermé est également protégé.
Les malles sont l’humanité de nos maisons d’escargot ; elles peuvent contenir l’essence de nos souvenirs, la mémoire de nos vies, les secrets de nos enfances et gardent longtemps l’odeur intacte de nos libertés enfouies.
Dans les malles, s’ouvre en un grincement de serrure un soleil enfantin sur un papier jauni, une dentelle empesée de lavande endormie se déplie entre mes doigts, je feuillette un carnet de poèmes à l’encre bleuie et dénoue ce ruban de velours autour de lettres sur du papier à fleurs .
Banc d’appoint, bibliothèque ambulante, bar caché, meuble de compagnie ou table basse, la malle répond à toutes nos envies par le sourire gourmand de son couvercle béant.
Une malle posée au pied de mon lit, m’invite au voyage autant qu’au repos, puisqu’elle me garde autant qu’elle m’emmène, puisqu’elle me suit autant qu’elle me pèse.
J’aime les malles, comme les hommes, ces mâles au cœur d’osier ou de fonte, aux coins carrés et aux clés perdues…
Et,pour finir, j’aime les mots, mais pas leurs maux, évidemment,
… est-ce-un mal ?
Repost 0
Published by - dans Actu
commenter cet article
10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 23:22

P1140390

 

Devinez quoi chers amis...??

La vie est bien faite quand même, reconnaissons-le !

Après l'Allemagne, qui a saupoudré les rêves de toute mon adolescence et a semé tôt en moi cet amour vertigineux de la langue de Goethe et de Rilke, voici que les vents favorables me poussent vers les contrées d'origine de la poésie, vers les bardes enchanteurs gravisseurs de collines verdoyantes...

vers, les terres austères d'Oscar Wilde, W.B. Yeats, James Joyce et Samuel Beckett... vers les tourbes gorgées de pluie, les moutons broutant la bruyère mauve, les rudes falaises balayées de vent américain, vers la grande famine et les yeux clairs, vers les catholiques et les rugbymen, vers les lacs noyés de ciel et les petites maisons rangées comme des enfants...

vers l'Irlande, ce pays fier, joyeux, et patriote, aux couleurs d'herbe fluorescente et de mer d'argent, résonnant de rires, de danses et des chants moussus de bière brune.

Oui, me voilà tout juste installée au coeur palpitant de la poésie celte.

J'espère qu'elle nourrira, avant longtemps, mes vers et inspirera de nouvelles lignes de faille, que nous partagerons ensemble.

 

"Mais tu sais, je suis pauvre, et mes rêves sont mes seuls biens,

Sous tes pas, j'ai déroulé mes rêves

Marche doucement, parce que tu marches sur mes rêves." 

William Butler Yeats.Yeats

Repost 0
Published by - dans Actu
commenter cet article
7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 21:19

 

 

  

Raisons

 

 

Parce qu'on dit qu'un mot

en appelle un autre et

puis

encore un autre

 

Parce qu'on croit qu'il est plus

facile de dire que d'écrire

plus

facile de voir que d'y croire

 

Parce qu'on fait tout

et n'importe quoi

alors qu'il suffirait de fermer

les yeux et d'ouvrir

ses doigts

 

Parce qu'on vit dans une bulle d'air

dans un bruit de fond

dans un fond de tiroir

dans un trou d'herbe

dans une flaque de ciel bleu

 

Parce qu'on n'est pas

ce qu'on dit

ni ce qu'on pense

qu'on a dit

ni ce qu'on tait

 

Parce que ni toi ni moi

ne me connaissons

malgré le temps qui glisse

qui fond

le temps qui tourne

en rond

 

Parce que je ne sais rien faire

d'autre

ni de mieux

à part dormir

seule

dans la lumière chaude,

 

Viens,

 

CF

(Claire Fessart / inédit 2012)

 

 

http://www.thebookedition.com/advanced_search_result.php?keywords=claire+fessart

Acheter Chacun son Truc Acheter Le Royaume des AbeillesAcheter L\'Enfant de Sable

Repost 0
12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 21:50

 

Je ne fais jamais les choses dans l'ordre, appelons cela, mon esprit de contradiction...

Toujours est-il que je viens de lire, avec plusieurs mois de retard, le délicieux et romantique "Retour parmi les hommes" de Philippe Besson.

Ce ne serait pas si grave de découvrir une pépite bien après sa sortie - quoiqu'encore dans l'année de sa publication- si je n'avais poursuivi mon égarement à entreprendre dans la foulée de la dernière page refermée, bien qu'avec un peu d'appréhension, l'ouverture de la première page de l'opus initial... écrit dix ans avant, "En l'absence des hommes".

Découvrir une histoire par son deuxième épisode, n'est ce pas une hérésie littéraire, un non-sens, une absurdité ?

Et bien, finalement, chers lecteurs, je vous rassure, l'exercice n'est pas difficile, ni incohérent et ne fausse en rien l'oeuvre globale. Philippe Besson, dans sa grande sensibilité devait certes avoir prévu des cas obtus comme moi... et, fort de ses neuf romans intermédiaires, y a adroitement pensé puisqu'il distille dans son nouveau livre pas mal d'allusions au premier tome, permettant au néophyte de s'y retrouver sans gêne et de cerner toute l'émotion vive de ce personnage dans le silence fervent de ses désillusions tandis qu'il lèche encore ses blessures.

 

C'est en effet en 2000 que Philippe Besson, un inconnu de 34 ans, publiait "En l'absence des hommes", un premier roman remarqué par le jury du prix Emmanuel-Roblès et par l'ensemble de la presse, sensible à son évocation fine et pudique de l'amour et de la mort sur fond de Grande Guerre. 

Vendu à plus de 80.000 exemplaires, "En l'absence des hommes" avait été l’un des best-sellers de l’année. Dix ans plus tard, en janvier 2010, il continue l'histoire de son héros et offre avec "Retour parmi les hommes" une suite à son premier roman.

Écrire une suite est toujours un exercice difficile... nombre d'écrivains s'y sont cassés les dents. 

Pour ceux qui n’auraient pas suivi, comme moi d'ailleurs, ce premier roman se passait en 1916 et racontait l’histoire de Vincent de L’Etoile, jeune dandy adolescent né avec son siècle, aristocrate parisien qui, sous les obus de la Première Guerre mondiale, découvrait l’amour et l’amitié. L’amitié et la confiance avec Marcel Proust, auquel Besson dédie un hommage aussi attendrissant que sincère. L’amour fulgurant et inattendu avec le jeune Arthur Valès, le fils de la gouvernante. Un amour aussi bref qu’intense, puisqu’après une semaine de passion Arthur repartait au front, à Verdun. Il n’en reviendra pas, Vincent ne s’en remettra pas.

Là se terminait le premier livre.

 

 

"Retour parmi les hommes" est un roman lumineux d'amour et de souffrance comme Besson sait en écrire.


Nous sommes en 1923, sept années ont passées et Vincent n’a rien oublié de son premier amant, ni du soutien ou des conseils que Proust lui a prodigué . Pourtant, il n’a eu de cesse de voyager. A pied, en train ou en bateau, en Abyssinie sur les traces d’Arthur Rimbaud, aux Etats-Unis en quête d’une terre promise, en Italie à la recherche d’un peu d’insouciance : Vincent a parcouru le monde.


Il aurait bien aimé ne jamais plus mettre un pied en France, continuer cette vie de nomade, de bête sauvage, mais voilà qu’un beau jour un messager envoyé de Paris vient à New-York l’arracher à son anonymat volontaire : sa mère est en train de mourir, elle voudrait son fils à son chevet.

Mais n'est-il pas encore trop tôt pour affronter les lieux des souvenirs intenses ? C'est avec un regard froid, mûri, détaché sur le nouveau Paris que Vincent retrouve son pays. Tout a changé depuis la guerre : sa relation avec sa mère austère et sêche, représentative d'un monde en passe de disparaitre totalement, une mère qui ne voit en lui qu'un héritier, l'effervescence de la nouvelle vie parisienne pleine de bruits, d'excès, de plaisirs divers, de jazz importé des States, cette course effrénée à s'étourdir pour tenter d'oublier les séquelles des années de la Grande Boucherie.

Au milieu de cette ébullition, Vincent rencontre Raymond Radiguet, jeune romancier dont le Tout Paris parle et se dispute la présence. Les deux hommes, sans partager les mêmes sentiments, se comprendront tout de même. Raymond sera même la petite étincelle qui redonnera goût à la vie à Vincent, lui permettre un retour possible parmi les hommes.

C’est dans un café de Montparnasse que Vincent va rencontrer l'auteur du Diable au Corps, il ignore encore tout de ce petit génie littéraire de vingt ans à peine. Mais bientôt il va comprendre : « Raymond, donc est un jeune homme qui écrit des livres. Ainsi, il emprunte à Arthur ses vingt ans et à Marcel sa passion pour l’écriture. Il est une synthèse chimiquement pure des deux êtres qui ont compté le plus dans mon existence ». Après sept années d’aventures sans lendemain, Vincent ne va pas tarder à aimer de nouveau.

 

Et comme d'habitude, cette histoire est juste, forte, sobre, pleine de pudeur. C'est du Philippe Besson sans fioritures, sans mots de trop. Le silence étant parfois plus éloquent qu'un fleuve de mots l'auteur va à l'essentiel, celui de rendre la douleur pourtant si violente, dévastatrice. Vincent est un véritable héros romantique; celui qui écoute, mais qui n'exprime pas, qui souffre en silence, espère seul, ne partage guère ses réflexions et ne répond pas aux questions.

 

Quand on le quitte, pour la deuxième fois, Vincent a 23 ans. Il a connu et fréquenté Proust et Radiguet, nous les a rendu plus proches et plus humains dans leur fragilité. On aimerait ne pas attendre dix ans avant de retrouver ce jeune dandy désespéré, si élégamment campé, et savoir quel écrivain célèbre croisera cette fois son chemin...!

 

Deux belles interviews de l'auteur pour mieux comprendre les deux livres: link (video) + link (texte)

 

 

Repost 0

Présentation

  • : Chacun son Truc
  • : Lire et écrire...un échange permanent. Sur ce blog vous pourrez lire de la poésie moderne, écrire vos réactions au sujet des articles en ligne, partager vos coups de coeur littéraires, musicaux, poétiques...! Lire de la poésie est aussi simple, musical et détendant qu'écouter votre album favori, vous verrez, on y prend goût ! A bientôt,
  • Contact

Recherche