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(Extrait p.21 "Chacun son Truc")


Le fin Mot
 
   
Je voulais pas le dire et voilà c’est trop tard
Je ne sais pas me taire et le silence est rare
Je voulais préserver jusqu’au bout le mystère
Marcher à petits pas en regardant derrière
 
Je voulais prendre un peu la route buissonnière
Se parler dans les yeux et sans faire de manière
Je voulais faire pousser lentement le hasard
Et puis m’en délivrer simplement d’un regard
 
Je voulais pas donner le fin mot de l’histoire
Avant d’être enfermée bien au chaud dans le noir
Je voulais être sure pour ne pas te déplaire
Faire les croix dans les cases et jusqu'à la dernière
 
Je voulais refréner tes questions volontaires
Répondre d’un sourire et sans un commentaire
Je voulais demander encore dans le miroir
Qui donc est la plus belle avant que de te voir
 
Je voulais avouer au jour du dernier soir
Quand tout a été joué repassé en mémoire
Je voulais dire enfin ce qu’il convient de faire
Quand on est à ce point tout au bord de la Terre
 
Je voulais je crois bien retarder cet hiver
Les influences de nos envies printanières
Je voulais être forte et sure de te revoir
Avant de dire les mots qui brillent comme un phare
 
Je voulais te donner quelques moments de gloire
Savourer avec toi le goût de nos victoires
Je voulais prendre encore le temps élémentaire
Pour ne pas trébucher la tête la première. 

CF
 
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(Extrait p. 33 "Le Royaume des Abeilles")

Virilité
 
 
Est-ce-qu’on sait faire des hommes ?
Dans ce monde futile
Où nos humeurs sont comme
Des ballons sans leur fil
 
Dans notre vie facile
Bien au chaud dès l’automne
Assis au creux des villes
Est-ce-qu’on sait faire des hommes ?
 
Poissons en aquarium
N’ont rien de très virils
Et ceux qui mettent la gomme
Ont souvent des faux cils
 
Sans sexe et sans mobile
On en perdra son home
Et ma question défile
Est-ce-qu’on sait faire des hommes ?
 
Plus rien ne nous étonne
Des pères aux bras graciles
Des femmes aux corps de lionnes
C’est une question de style
 
C’est une question débile
On veut des mecs en forme
Des grandes gueules à la file
Est-ce-qu’on va faire des hommes ?
 
On veut des mecs !
 
Tous nus et plein de pecs
Qui font pas les fins becs
Ceux qui gardent les yeux secs
Et l’amour qui va avec
 
On veut des mecs !



CF
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(Extrait p.104 "Le Royaume des Abeilles")


Maternellement
 
 
 
C’est un petit baiser
Au creux de l’oreiller
Entre ses paupières closes
Sa peau est tendre et j’ose
Caresser sur son front
Les rêves qui s’éteindront
Toucher du bout des doigts
Mon ange qui grandit là
 
C’est un petit câlin
Au début du matin
Entre les draps tout chauds
Mes mains contre son dos
Chasser par mes sourires
Ses frayeurs, ses délires
Garder plus près encore
Le plus doux des trésors
 
C’est un petit mot tendre
A donner à entendre
Entre les jours qui passent
Je suis toujours la trace
De ses pas sur le fil
La vie bouscule et file
Donner la main longtemps
A son petit enfant
 
C’est un petit message
Accompagnant son âge
Entre laisser grandir
Et vouloir retenir
Aimer tellement fort
Que parfois j’en ai tort
Le garder contre moi
Protégé comme un roi.



CF

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(Extrait p.181 "Chacun son Truc")

Camélia
 
 
 
 
 
La vie vaut la peine d’être vécue
Avec vigilance et intensité
Ce monde mérite bien d’être vu
Sinon à quoi servirait sa beauté
 
 
 
 
Je suis comme un plongeur polynésien
Muni d’un optimisme infatigable
Cherchant sans cesse l’huître à l’air de rien
Pour un collier de perles véritables
 
 
Je suis comme un moine jaune bouddhiste
Emerveillé chaque fois qu’une brise
Dépose des pétales sur l’eau triste
Dans une douce caresse imprécise
 
 
Je suis comme un archéologue au sourire
Millénaire tout enseveli d’histoire
Echangeant tout pour un code à menhir
Les yeux dans le ciel et les mains au terroir
 
 
Je suis comme un randonneur imprudent
Collectionnant les chemins de tempête
Pour atteindre l’éternité d’instants
Qui valent la douleur de la conquête
 
 
Je suis comme un mercenaire au grand cœur
Qui se nourrit au nectar des arbres hauts
Dans tout chagrin se cache la saveur
Du miel comme un long baiser sur ma peau
 
 
Je suis comme un chasseur de papillons
A l’affût mais profitant du soleil
Tout est fugace tout n’est qu’abandon
Mais aucune étoile à l’autre pareille
 
 
 
La vie vaut la peine d’être vécue
Complètement jusqu’à ce qu’on en meurt
Ce monde mérite bien d’être vu
Comme source d’éphémères bonheurs.
 
 
 
CF
Lisez « L’Elégance du Hérisson » de Muriel Barbery,
                                                merci pour son camélia sur la mousse…

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  • : Lire et écrire...un échange permanent. Sur ce blog vous pourrez lire de la poésie moderne, écrire vos réactions au sujet des articles en ligne, partager vos coups de coeur littéraires, musicaux, poétiques...! Lire de la poésie est aussi simple, musical et détendant qu'écouter votre album favori, vous verrez, on y prend goût ! A bientôt,
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