Imparfaite
Je ne suis pas cette femme, indomptée imparfaite
Toute brisée de larmes toujours insatisfaite
Je ne veux pas d'un écrin tapissé de velours
Où tu me laisses loin fermée à double tour
Je ne suis pas cette femme, au passé composé
De soupirs et de drame au passé compliqué
Dans les branches touffues de mon arbre d'enfance
J'ai joué tant et plus jusqu'au bout des vacances
Le souffle de la terre a nourri ma mémoire
Repêchant dans la mer tant de perles d'espoir
Non je ne suis cette femme tout actuelle et présente
Et j'ai forgé ma lame dans le feu qui te hante
Ne crois pas me sertir comme un bijou précieux
Je suis prête à courir dehors le corps soyeux
Je ne te laisse pas m'encadrer de poussière
Comme un ancêtre las la bouche prisonnière
Je ne suis pas cette femme, impossible imparfaite
Toute pétrie de charme et d'idées de conquête
Quand la neige recouvre un jardin endormi
Moi c'est mon cœur qui s'ouvre et que je livre ainsi.
Claire Fessart
http://chacun-son-truc.over
Ta Main
Pose ta main là
Là ne bouge pas
Sens mon cœur qui bat
Juste grâce à toi
Toi qui vis en moi
Reste un peu comme ça
Dans ces moments là
Notre amour se voit
Uni dans nos doigts
Au son de ta voix
Je te dis tout bas
Tu es bien en moi
Quand le temps s'en va
Mon cœur reste là
Plein tout plein de toi
Et ce qu'on fera
Tout nus sous les draps
Ne regardera
Que nous toi et moi
Maintenant tais toi
Et caresse moi
Tout ce que tu vois
Mon corps et ses lois
S'apprivoisera
Car tu sais déjà
Plus à chaque fois
Encore serre moi
Fort tout contre toi
Cette place là
Me comble de joie
Je ne veux que ça
Pose ta main là
Et descends plus bas...
Claire Fessart
Maillot
Je suis le joueur en touche
Assis là sur son banc
Qui siffle avec sa bouche
Et crie pour les coups francs
L'homme supplémentaire
Au maillot encore blanc
Qui se roule par terre
Et compte la mi-temps
Je suis le joueur en plus
Dont on aura besoin
Tout crispé de rictus
Et le corps comme un poing
Les cheveux en arrière
Mais le torse en avant
Encourageant ses frères
Et l'arbitre insultant
Je suis le joueur en cas
De moindre défaillance
Epiant chaque faux pas
Relevant les souffrances
Courant le long des lignes
Je guette le sifflet
Le moindre petit signe
Je me tiens toujours prêt
Je suis le joueur en touche
Au maillot encore blanc
Quand on est sous la douche
On est tous les gagnants...
Claire Fessart
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Estime de Soi
Quelqu’un qui aurait perdu l’estime de soi
Et qui continuerait comme on porte sa croix
Qui aurait assumé un à un tous ses choix
Sachant pertinemment le côté de la foi
Quelqu’un qui aurait perdu l’envie de se plaire
Et qui refuserait son reflet dans l’eau claire
Qui aurait retourné chaque pion à l’envers
Connaissant bien les règles qui gagne et qui perd
Quelqu’un qui aurait gagné le goût de la vie
Et qui déciderait que ce jeu vaut son prix
Qui aurait allumé un soleil bien à lui
Reconnaissant de ce bonheur qu’il s’est construit
Quelqu’un qui aurait gagné une force intime
Et qui accueillerait chaque mot comme un signe
Qui aurait partagé le plus doux le sublime
Voulant passionnément que rien ne l’égratigne
Quelqu’un qui aurait donné le plus important
Et qui espérerait que c’est à bon escient
Qui aurait échangé sa droiture en diamant
Préférant ces chemins de plaisirs autrement
Quelqu’un qui aurait été aimé comme un fou
Et qui mesurerait sa chance autour du cou
Qui aurait à jamais dans ses mains ces atouts
Regardant sur son corps les baisers en dessous…
Claire Fessart
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Gare à vous…
Au milieu de la gare
Dans son ventre bruyant
A l’éclairage blafard
De ses panneaux géants
Se tient un petit homme
Son bagage à ses pieds
Figé stupéfait comme
Le souffle coupé
Au milieu de la gare
Dans sa lourde grisaille
Pressés d’être en retard
En vacances au travail
Se bousculent les gens
Sans même s’excuser
Le menton en avant
Et le corps affolé
Au milieu de la gare
Dans son odeur d’acier
Suffocant tintamarre
De trains entrecroisés
Un ilôt d’amoureux
Sort de cette folie
Se tenant par les yeux
Sans bouger ils sourient
Au milieu de la gare
Dans son temps implacable
Décidant les départs
Comme un mot sur la table
Dans un moment de grâce
Se glisse un entrechat
Des fillettes qui passent
En sautillant de joie
Au milieu de la gare
Dans son manège sans fin
Les arrivants s’égarent
Et se lèvent des mains
Sur les quais monotones
Aux grands regards d’horloges
Ne se voient plus personne
Chacun en lui se loge
Au milieu de la gare
Je regarde ce chien
Qui mendie un regard
Comme d’autres du pain
Il gêne le passage
Semble attendre son maître
Son retour de voyage
Pour lui faire une fête
Au milieu de la gare
Toute zébrée de sons
De cris et de mouchoirs
D’espoir ou d’abandon
Je cours vers le soleil
Je fuis ce territoire
Comme un mauvais réveil
Je pars sans crier gare…
Claire Fessart
Le Monde…
Dans cette vie il faut être égoïste
Fermer les yeux sur les images tristes
Les guerres, les cris, les terroristes
Qui font oublier qu'on existe
Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt
Les rêves appartiennent à ceux qui se lèvent tard
Vers quoi tu cours comme ça si vite
Tu vois pas que tu prends la fuite
Sortir de l'infernale poursuite
Regarder les autres qui s'excitent
La parole est d'argent mais le silence est d'or
Se taire et vivre tout bas, sourire encore, encore
Viens casser le rythme, effacer les traces
Je préfère ma vie, quand c'est marée basse
Se coucher dans les flaques et les mouettes qui passent
Promeneur solitaire, le monde est à la chasse
Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt
Les rêves se donnent à ceux qui se lèvent tard
Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt
Qu'est ce que je ferais du monde, c'est beaucoup trop gros
Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt
Je ne veux pas du monde, ton coeur est bien plus beau
Dans cette vie il faut être égoïste
Y a que les tortues qui résistent
Moi j'ai mes envies et j'insiste
C'est pas la peine de jouer l'artiste !
Claire Fessart
Rien de meilleur
Il n’y a rien de plus vrai
Que ce que je
t’écris
Il n’y a rien de petit
Là
dans nos sentiments
Il n’y a rien de plus grand
Qu’un espoir de bonheur
Il
n’y a rien de meilleur
Que d’être là tout près
Il n’y a rien de plus dur
Que le silence entre
nous
Il n’y a rien de plus doux
Que le
son de ta voix
Il n’y a rien de plus lourd
Que le vide au creux de moi
Il n’y a rien
de plus pur
Que de retrouver ton amour
Il n’y a rien de plus fort
Que nos regards qui se
caressent
Il n’y a rien qui me blesse
Autant que ton indifférence
Il n’y a rien de
meilleur
Que de briser enfin l’absence
Il n’y a rien dont j’ai peur
Quand tu recouvres mon
corps
Et rien ne te remplace
Tu fais partie de moi
Je t’ai fait de la
place
Je me confie à toi
Oui j’ai
besoin sans cesse
Que tu me le répètes
C’est toute ma faiblesse
Mon âme est ainsi
faite
Il faut que tu rassures
De
mots de baisers longs
Ma fragile nature
Qui craint tant l’abandon.
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